LA COMMUNAUTE AMISH


Il existe à travers le monde différents types de groupes amish et mennonites, il est pratiquement impossible d’établir des généralités, disons simplement qu’il y a entre eux plus de similitudes que de différences !


On estime à 613.500 le nombre des Amish dans le monde, dont 224.500 aux USA, 28.850 dans le comté de Lancaster en Pennsylvanie, soit moins de 10% de la population du comté.

Dans le reste du monde : 86.000 en Afrique, 74.000 en Asie, 500 en Australie, 44.000 en Amérique du Sud et Centrale, 96.000 en Europe, 88.500 au Canada.


HISTOIRE

Avant d’essayer de savoir pourquoi on distingue les Amish des Mennonites, revenons en Europe au 16ème siècle, alors que la réforme protestante divise l’Eglise. Il y a d’une part les catholiques et l’Eglise de Rome, et d’autre part Martin Luther et ses adeptes protestants qui défient l’Eglise romaine. A la même époque, 1525, Ulrich Zwingli, un autre réformiste, fait son apparition en Suisse, à Zurich. Tout comme Luther, il est en faveur d’un nouvel ordre chrétien, rejette Rome et le Pape, proclame que la foi à elle seule accorde la grâce de Dieu et le pardon, et prêche la bible dans le langage des paysans. Zwingli et ses élèves se distinguent cependant des protestants de Luther, ils veulent confier l’Eglise à des adultes responsables, et refusent le baptême des enfants avant leur majorité, partant du principe que tout enfant est innocent et fait systématiquement partie du royaume de Dieu.

Zwingli tend à se laisser influencer, sous la pression qu’exerce Luther, quant au baptême des enfants. Ses disciples ne veulent pas faire de concessions à ce sujet et persistent dans leur foi. Ils forment une association et se font appeler Brethrens, le peuple les surnomme les anabaptistes ou encore, les re-baptiseurs. Ils sont persécutés aussi bien par les protestants, que par l’Eglise de Rome, ils représentent une troisième opinion, ils dérangent !

Né d’une agitation en milieu estudiantin parmi les radicaux cultivés des villes, leur mouvement se répand rapidement, prend de l’ampleur, et devient un mouvement paysan rural.

Comme la plupart des minorités, les anabaptistes sont persécutés par le reste de la population. Ils sont obligés de fuir, de se cacher dans les montagnes suisses et allemandes pour survivre. Les leaders sont persécutés, deviennent très vite des martyres. Le leader le plus connu est Menno Simmons, un prêtre hollandais catholique, qui adhéra au mouvement en 1536. Il s’est employé à unir les anabaptistes terrorisés par les persécutions. On les appela désormais, les Mennonites.

Un siècle et demie plus tard, en 1693, Jacob Aman, un jeune évêque mennonite suisse, ressent que le mouvement est en train de perdre de sa rigueur. Il décide de rompre avec les Brethrens, pour fonder une nouvelle association. Ses partisans sont alors surnommés, les Amish.

Les tentatives de réconciliation échouent, cependant aujourd’hui les Amish se considèrent comme les cousins conservateurs des Mennonites.

Chassés  de Suisse et d’Allemagne où le droit à la propriété et à la citoyenneté leur étaient interdits, ils se sont  réfugiés en Alsace, puis ont répondu à l’appel de William Penn, fondateur de l’état de Pennsylvanie, chef de file des Quakers, un mouvement né en Angleterre au 17ème siècle, initié par Georges Fox, alors que l’inquisition espagnole sévissait, d’où leur surnom de Quakers, Trembleurs en français !

William Penn (1644-1718) : Issu d’une famille très riche, il adhère au mouvement dés l’âge de 13 ans, après avoir fait connaissance avec Thomas Loe, un leader. Du même coup, il adhère aux ennuis, sa famille le rejette, on le persécute, il séjourne en prison…

A la mort de son père, il hérite cependant de la fortune familiale, qu’il consacre essentiellement aux Quakers.

Depuis un certain temps déjà, pour échapper aux persécutions, les Quakers lorgnaient sur la Nouvelle Angleterre, mais, prévoyants,  les puritains redoutant l’invasion, avaient voté des lois anti-quakers… Finalement, redevable envers la famille Penn, et incapable de rembourser ses dettes, Charles ll, roi d’Angleterre, en 1682 accorde à William Penn le droit de fonder une nouvelle colonie, sur un territoire aussi grand que l’Angleterre, habité par les indiens Delaware. Les Quakers sont non-violents, la cohabitation avec les indiens se passe bien. Il nomme sa colonie Pennsylvanie.

Penn va accueillir plusieurs vagues d’émigrants sur son territoire entre 1682 et 1711, il va leur accorder de bonnes terres afin que la colonie prospère.





ETRE AMISH

Ayant reçu pour unique enseignement la culture de la terre, les anabaptistes sont condamnés à être paysans. Dans le compté de Lancaster, le prix de la terre est devenu exorbitant, environ 20.000 dollars l’hectare, soit 3.5 fois plus cher que dans le reste de l’état. Les jeunes ont du mal à s’installer, certains partiront dans le Wisconsin.

Grâce aux performances des fermes amish, le comté de Lancaster bat tous les records en matière de rendement et de qualité aux USA, pour le lait, les œufs, les poulets et le bétail. Pourtant, ils n’utilisent pas l’électricité, en dehors des générateurs imposés par les coopératives pour la conservation du lait. La tendance écologique valorise leurs produits naturels. Ayant recours aux animaux pour les travaux des champs, ils emploient peu de pesticides.


Le dimanche est sacré, on ne travaille pas. Un dimanche sur deux, de 9:00 à 12:00, on assiste au Sunday Meeting qui se déroule dans l’une des fermes du village, tenu par un conseil d’anciens, mi-évêques, mi-paysans. Il n’existe ni église, ni lieu spécialement destinée au culte. Le repas est pris en commun après l’office, les hommes dans une pièce, les femmes dans une autre.


Un Amish se doit d’être modeste et humble, alors la mode est ignorée. Les jeunes femmes portent une robe de couleur unie avec un tablier blanc ou noir, les femmes plus âgées portent une robe noire. Les cheveux sont tirés vers l’arrière, une raie au milieu, le tout sous une coiffe blanche. Les hommes sont vêtus de noir, portent une chemise blanche sans boutons. Pour le travail on porte un chapeau de paille, le dimanche on porte un chapeau noir Après le mariage, on garde la barbe. Les vêtements viennent de chez Kauffman & Sons.

Les femmes sont très habiles dans la confection de patchworks, l’art d’assembler, en les cousant, de petits morceaux de tissus dépareillés, pour en faire une couverture, un plaid, une housse de couette…


Un Amish ne conduit pas d’engins à moteur, mais peut prendre le train, le bus, l’avion, ou monter dans une voiture. Lui-même conduit un buggy, une carriole cubique semi fermée de couleur grise et noire, tractée par un cheval.


Vue de l’extérieur, la maison d’une ferme amish ne diffère pas d’une autre, seul le linge en train de sécher sur la corde à linge peut nous renseigner sur ses occupants. En théorie, les maisons amish ne reçoivent pas l’électricité, en pratique, elles ne sont effectivement pas reliées au réseau, mais il n’est pas rare de trouver un générateur pour alimenter un réfrigérateur ou un congélateur, voire un poste de télévision ou de radio, installé dans la cave. Un amish ne doit pas avoir le téléphone chez lui… alors on l’installe dehors pour ne pas être en contradiction avec les principes amish. Au quotidien on s’emploie à contourner les règles sans les transgresser, grâce à de petits subterfuges.


A leur majorité, on accorde aux jeunes une période de liberté, room spring up. Ils peuvent goûter au monde extérieur, et après deux ans, décider librement de réintégrer ou non la communauté. Après toutes ces années de privations, certains se lâchent totalement, se mettent à boire de l’alcool, se droguent, multiplient les rapports sexuels, contractent le virus du sida, sont totalement désorientés…

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