LA LOUISIANE Louisiane Flag


 

Le drapeau louisianais, adopté en 1902, représente un pélican blanc, sur fond bleu doré, bordé or. Le pélican, symbole de la générosité et du sacrifice, nourrit ses trois petits. La devise « Union, Justice, Confidence » figure sur le sceau officiel.

 

La Louisiane n’est plus le pays où tout n’était que « valse lente et magnolia », des romans de Maurice Denuzière, mais elle reste une Amérique différente des autres, par ses paysages, sa culture et son art de vivre.

 

  ECONOMIE

 

·       Le tourisme est devenu la première activité locale, avec 5 millions de visiteurs par an, devant l’industrie pétrolière en crise depuis les années quatre-vingts, et les activités portuaires.

 

·       Deuxième producteur de pétrole des USA, après le Texas. L’or noir circule des puits off shore du Golfe du Mexique jusqu’aux raffineries de Bâton Rouge dans un pipeline de 1500 Km. Le pétrole emploie près de 120.000 personnes originaires en grande partie des 22 paroisses de l’Acadiana. Cette industrie a donné naissance à des complexes pétrochimiques, le long du Mississippi, de bâton Rouge à New Orleans et Lake Charles, ainsi qu’à la fabrication de matériels spéciaux, pour les plates-formes en mer. Ainsi, 3000 grandes usines emploient près de 145.000 personnes, produisant du papier, du ciment, de l’alcool, des médicaments, des constructions navales, des filatures, des raffineries de sucre, etc...

 

·       La Louisiane produit également beaucoup de soufre, autour de Lake Charles et de sel (Five Islands).

 

·       Même si le nombre de fermes tend à décroître, l’industrie pétrolière ne peut effacer l’agriculture: la canne à sucre et le tabac sont victimes de la mécanisation, ainsi que le coton remplacé par le soja. Les Louisianais ont alors dû développer d’autres cultures: les cultures maraîchères (haricots, fraises, patates-douces), l’exploitation forestière (le pin pour la pâte à papier), et, surtout l’élevage dans le nord-est et sur les collines de Feliciana (bœufs, vaches, porcs), moutons et agneaux dans le sud-ouest. Les produits laitiers proviennent du nord du lac Ponchartrain, et de la région de Monroe.

 

·       Rivages et bayous sont également exploités: 40.000 t d’écrevisses et 22.000 t de crevettes chaque année, elles sont la base de la cuisine créole.

 

  INFRASTRUCTURES

 

·       Si la Louisiane ne possédait que 80 Km de routes asphaltées en 1929, elle en compte aujourd’hui 88.000, dont l’impressionnante Highway 10, gratuite, la plupart du temps construite sur pilotis, au-dessus des bayous et des champs de jacinthes d’eau. (P.S.: il est interdit de prendre des auto-stoppeurs...)

·       Le chemin de fer  qui dessert 22 paroisses, demeure important pour les marchandises. Amtrak assure,  entre autres, 3 liaisons voyageurs

 par semaine entre New Orleans et Houston, Lafayette, Lake Charles, des liaisons quotidiennes avec New York, Chicago, Atlanta, Washington...

·       14.400 Km de voies navigables. Le Mississippi, a vu les premiers bateaux à vapeur dés 1815, début de l’ère de prospérité des planteurs.  En 1856, un jeune homme de 21 ans se trouvait sur l’un de ces bateaux, il s’appelait Samuel Langhorne Clémens, on l’avait engagé pour observé la profondeur du fleuve, à l’avant du navire; un fond qui n’est plus qu’à deux brasses se dit  « mark twain » et ces deux mots deviendront son pseudonyme d’écrivain, l’un des plus célèbres aux USA avec deux romans, « Tom Sawyer » (1876) et « Huckleberry Finn » (1884). Aujourd’hui le fleuve est parcouru par des convois de péniches qui ont succédé aux larges barges remplies de coton et quelques « steam boats » touristiques.

 

  POPULATION

 

·       1700 avant JC: Traces d’hommes préhistoriques décelées grâce au carbone 14 dans le nord-est, le village de Poverty Point comptait 500 à 600 h, c’est la plus forte concentration aux USA, les autres villages de la même époque n’avaient que 100 à 200 h. Ce village semble avoir été construit bien avant que les Mayas et les Aztèques n’édifient leurs palais et leurs pyramides, par des indiens venus d’Asie par le détroit de Béring, plutôt que d’Amérique Centrale ou d’Amérique du Sud.

·       entre l’an 100 et 500 de notre ère, utilisation du fer et du cuivre. D’autres populations arrivent du Mexique, apportant l’arc et les flèches (ainsi que le tabac à fumer...).

·       entre 1600 et 1700: quand les premiers blancs sont apparus, ces peuplades sortaient à peine de l’ère préhistorique , chaque tribu vivait sur un territoire délimité qu’elle défendait avec acharnement et ne se comprenaient pas forcément entre elles (les Chitimachas, les Muskhologes, les Choctows, les Natchez, les Attakapas, les Caddos, les Tunicas, les Avoyelles).

·       1731: 5.000 blancs et 2.700 esclaves noirs.

·       1744: 6.000 blancs, 800 soldats et 3.500 esclaves noirs. Cette prospérité naissante n’attire pas beaucoup les défricheurs...

·       1800: 50.000 h groupés le long du Mississippi et des bayous

·       1890: 1.000.000 h, suite à un afflux d’anglo-américains attirés par l’expansion économique de l’époque coton-canne à sucre

·       1940 à 1980: augmentation de la population de 68% (pétrole)

·       Aujourd’hui: 4.500.000 h dont 50% sont regroupés à New Orleans, Bâton Rouge et Shreveport. Les quatre autres grandes zones de concentration urbaine sont: Lafayette, Lake Charles, Alexandria et Monroe.

·       Etat jeune: 22,5% de moins de 25 ans.

·       Population blanche  et noire(29% de noirs, mais  New Orleans 45% ), à laquelle se sont ajoutés de nombreux réfugiés mexicains, cubains, vietnamiens (près de 8.000).

 

  LES INDIENS EN LOUISIANE

 

Il y a bien sur des indiens en Louisiane que les Cajuns francophones appellent sans mauvais esprit les « sauvages ».

 Ils seraient aujourd’hui  officiellement 5.350 (en 1880, ils n’étaient plus que 850 en Louisiane, la présence européenne avait entraîné leur déclin: ayant vendu toutes leurs terres aux blancs, les tribus furent dispersées, décimées par les combats et surtout par les maladies apportées à profusion par les Européens et anémiés par les mariages avec les Blancs et les Noirs. En 1890, ils avaient chuté à 650).

 

·       Les Houmas (Houma Alliance, 2265 et Houma Incorporated, 3217) sont installés depuis 1776 le long des bayous Lafourche et Terrebonne. Ils pratiquent la pêche et sont très bons commerçants.

·       Les Choctaws (150) autour de Jena et Eden.

·       Les Coushattas (320) installés près de Elton, sur des terrains achetés. Fabriquent de la vannerie en aiguilles de pin. Tribu fédérale depuis 1973.

·       Les Chitimachas (427), près de Charenton, le long du bayou Tèche. Pêcheurs de crevettes avertis et vanniers (osier). Tribu fédérale (reconnue fédéralement) depuis 1919.

·       Les Tunica-Biloxi (350), au confluent du Mississippi et de la Red River. Village près de Marksville, possédant un très beau musée préhistorique indien.

 

  LE MISSISSIPPI

 

le Mee-zee-See-bee des indiens naît près des Grands Lacs au nord du Minnesota. Il parcourt une région de reliefs glaciaires à lacs et à tourbières puis s’enfonce dans une vallée encaissée ponctuée de rapides et reçoit le Missouri qui lui apporte ses eaux des Rocheuses à Saint-Louis. A 200 Km plus au sud, il intercepte l’Ohio, puis l’Arkansas; il coule alors dans un lit très vaste et aboutit à un immense delta après avoir reçu la Red River avant de se jeter dans le Golfe du Mexique.

Il parcourt ainsi  4900 Km, ce qui le place 3ème des plus grands fleuves du monde après le Nil (6500 Km), le Yang Tse (5080 Km) et le Congo (4650 Km). Si on considère le Missouri, comme sa véritable source, il devient le plus long fleuve du monde avec 7200 Km...

 

En pénétrant en Louisiane, ses berges se rapprochent:

·       1350 m à Cairo

·       1200 m vers Natchez

·       900 m à Bâton Rouge

·       750 m à New Orleans

·       500 m environ vers Jackson Square

Tandis que sa profondeur augmente:

·       15 m à Cairo

·       30 m à New Orleans.

 

Découvert par Hernando de Soto en 1540, le Mississippi a constitué à partir du Canada, une voie de pénétration exceptionnelle vers le sud, facilitant ainsi la mise en valeur de ces contrées à peine découverte, jusqu’au milieu du  XIXème.

 

  RELIEF

 

Le sommet le plus élevé de l’état n’a que 163 m de hauteur, c’est le Mt Diskill...

Pays des lacs, des bayous et des forets de cyprès.

 

  CLIMAT

 

·       Climat subtropical, humide et chaud.

·       Deux grandes saisons: l’hiver et l’été avec un printemps (mars et avril) agréable.

·       La température moyenne est de 20° C, mais le climat est soumis à de brusques changements de température, allant de la douceur méditerranéenne, au froid nord-européen. Le nord de l’ état est beaucoup plus froid et peut être recouvert de neige l’hiver.

·       Si l’humidité disparaît vers le nord, certaines régions méridionales connaissent un degré d’hygrométrie de l’ordre de 70 à 80% toute l’année.

·       La Louisiane est souvent pluvieuse, les précipitations annuelles peuvent dépasser 1,40 m (nord).

 

  FLORE

 

4500 espèces de plantes, avec une végétation propre à chaque région.

·       Marais du sud:  où l’eau douce se mélange à l’eau salée, parsemés de roseaux et d’herbes.

·       Marais d’eau douce: saules et jacinthes d’eau qui recouvrent les bayous en tapis fleuris, nénuphars, iris, hibiscus, chèvrefeuilles.

·       Arums blancs et orchidées décorent souvent l’ombre des jardins des plantations.

·       les bayous sont bordés de cyprès chauves couverts de mousse espagnole, avec des racines résurgentes sur lesquelles viennent se prélasser les oiseaux et les alligators au moindre rayon de soleil.

·       les fermes acadiennes comportent des chênes.

·       Les chemins sont bordés de catalpa, que les Cajuns appellent « bois puant », qu’on utilise pour la fabrication des pieux et des barrières.

·       Les allées des maisons sont bordées de roses, oeillets, jasmins, violettes.

·       Etangs et lacs sont bordés de cyprès, saules, troènes, ormes, en abondance.

 

Selon la terre marécageuse ou drainée, les plaines alluviales présentent deux sortes de végétation:

·       coton et cannes à sucre poussent sur des terres drainées.

·       cyprès, palmiers nains, ormes, orchidées préfèrent des terres marécageuses.

 

  FAUNE

 

·       Le colvert, canard sauvage appartenant à une famille de plus de 150 espèces.

·       Le pélican, emblème de la Louisiane.

·       L’alligator abonde, certains mesurent plus de 3 m. En hiver, ils creusent des trous en bordure des bayous, dans lesquels les femelles déposent leurs oeufs. Sa chasse est réglementée, de nombreuses fermes d’élevage fournissent  la maroquinerie.

 

Les panthères, les pumas de Floride, les loups , ont disparus, mais des chasseurs viennent toujours de tous les Etats Unis pour abattre:

·       Le cerf a queue blanche.

·       Le renard, le coyote, le lynx.

 

  REPERES HISTORIQUES

 

AU XVIIème, alors que les Anglais fondent autour de Boston les treize colonies qui allaient devenir le noyau des Etats Unis d’aujourd’hui, les Français sont, eux aussi,  présents et construisent au nord et à l’ouest de la « Nouvelle Angleterre », une « Nouvelle France ». Samuel de Champlain avait fait de Québec, un centre commercial, pour la fourrure; les Jésuites avaient fondé des missions en bordure du lac Michigan, base de départ idéale pour les explorateurs. C’est de là que partirent Joliet (un trappeur) et le père Marquet (un Jésuite) en 1673, sur de petits canots d’écorce, jusqu’au Mississippi.

 

Plus tard, Cavelier de la Salle et son équipe devaient entreprendre la plus périlleuse mais aussi la plus glorieuse des expéditions: la descente du Mississippi.

Partis du Lac Michigan, au niveau de l’actuel Chigago, ils débouchèrent dans le Golfe du Mexique. La Salle prit immédiatement possession de l’immense territoire qu’il venait de découvrir et le baptisa Louisiane, en l’honneur de son roi Louis XIV (la Louisiane de l’époque commençait à partir des Rocheuses, et représentait le tiers des USA actuels soit 1 million de Km² ou encore l’équivalent de 18 états...) Les Anglais quant à eux n’occupent  qu’une étroite bande le long de l’Atlantique et la Colombie britannique; les Espagnols occupent la Floride et la côte ouest. C’était le 9 avril 1682, mais  passé le cap des premières  exaltations à l’annonce de cette nouvelle en France, le Roi Soleil est trop occupé par ses guerres en Europe et l’aménagement de son château à Versailles pour se soucier d’une telle conquête perdue au cœur du Nouveau Monde...  Douze ans après, prévenu par ses agents secrets que le roi d’Angleterre s’apprête à lui ravir sa conquête, Louis XIV décide d’envoyer une seconde expédition en Louisiane (après celle qui avait échoué,  établie sur la côte texane pour avoir raté l’embouchure du Mississippi; les vivres étaient venus à manquer et la maladie les avait frappés). C’est alors qu’entre dans l’histoire Pierre Le Moyne, Sieur d’Iberville, officier de marine qui s’est déjà distingué à plusieurs reprises contre les Anglais dans la baie d’Hudson. Il reçoit deux frégates et est secondé par son frère Jean Baptiste de Bienville. C’est par l’océan qu’ils rejoignirent la Louisiane. Les deux frères ambitieux fondèrent  chacun une colonie, Iberville en 1699 à Mobile (en Alabama aujourd’hui) et  Bienville en 1718 fonda la Nouvelles Orléans, du nom du régent Philippe, duc d’Orléans.

 

Arrivent alors,  en Nouvelle Orléans, toutes sortes d’individus: colons, aventuriers, voleurs, filles de joie.  Puis des familles à partir de 1719. Deux ans plus tard, la ville est construite sur la base d’un vaste carré, fortifié à la Vauban, dont l’un des côtés donne sur le Mississippi.

 

Mais les rivalités entre les colons anglais et les colons français devaient apparaître rapidement; l’insouciance du roi de France et l’indifférence des français firent le reste. Très rapidement, les forts et les villes fortifiées autour des grands lacs, tombèrent aux mains des anglais. Le traité de Paris, en 1763, donne aux anglais (qui s’étaient déjà emparé de l’Acadie au Canada en 1713 pour en faire la « Nouvelle Ecosse » tout en tolérant le maintien de la présence des acadiens jusqu’en 1755 où on décide leur déportation; des bâtiments anglais abandonnent alors les Acadiens le long des côtes américaines. Les Acadiens s’installent sur les seules terres encore disponibles à cause de leur insalubrité, à l’ouest de la Nouvelle Orléans, entre le Texas et le Mississippi.) tous les territoires français, d’Amérique du Nord, sauf la Louisiane cédée à l’Espagne par un accord secret en 1762 (Traité de Fontainebleau).

Nouvel accord secret, entre la France (Bonaparte) et l’Espagne (Charles IV), en   1800, et la Louisiane redevient française.

Après avoir été, tour à tour, français, espagnols, puis à nouveau français, les Louisianais apprennent en 1803, qu’ils viennent d’être vendus aux Etats Unis pour $1.250.000 (soit $3 l’hectare, une bonne affaire pour les Américains)



Copyright ©  2001- 2003 USA & You