LE PEUPLE NAVAJO

 

  SON HISTOIRE

 

Navajo se dit Dine en langage navajo, c’est à dire peuple de la terre.

 

La tribu compte plus de 180.000 indiens, c’est la plus importante des USA. Ils sont arrivés ici extrêmement tard, au 15ème siècle, venant du nord du Canada, bien longtemps après que les occupants précédents, les Anasazis aient abandonné leurs habitations des falaises.

 

Toute leur histoire est basée sur leurs facultés d’adaptation:

·       Des conquérants espagnols, des missionnaires, et autres colonisateurs, ils ont appris à se servir d’outils, d’armes à feu, à élever les bovins, les moutons, les chèvres.

·        Lorsque les Espagnols sont arrivés avec des chevaux, alors qu’il n’y en avait pas en Amérique, ils ont immédiatement analysé les services que le cheval pourrait leur rendre, alors ils ont appris à le monter et à l’élever.

·        Dans le même ordre d’idée, le chariot en bois leur donnait entière satisfaction jusqu’à ce que la voiture pick-up fasse son apparition. Aujourd’hui on n’utilise plus les chariots en bois que pour faire des photos, des défilés ou pour montrer aux touristes ce qu’était la vie jadis!

·       Des indiens Pueblos de la région, qu’ils opprimaient, ils empruntèrent le tissage, la culture du maïs et des légumes, cependant ils ne construisent pas de maisons en pierres  comme les pueblos, mais vivent dans des hogans faits d’argile, de brindilles, et de bois.

Grâce à leur habileté, leur travail, et leur faculté d’adaptation, ils accédèrent à l’aisance et se défendirent énergiquement contre l’avance des blancs.

 

Conduits par leurs chefs, Manuelito et Barbocinto, ils durent cependant cesser la résistance devant Kit Carson, en 1864. Celui ci fuyait la lutte ouverte mais réduisait en cendres leurs pâturages, leurs cultures et leurs habitations. Le Canyon de Chelly fut le théâtre du dernier de ses actes. La population réduite à 9.000 indiens fut déportée au Nouveau Mexique où 2.000 indiens supplémentaires moururent de maladies

 

Finalement, en 1868, une délégation menée par le Général Sherman (celui de la guerre de sécession) vint leur proposer un arrangement, le traité Navajo, leur accordant le droit de s’installer à nouveau sur les terres actuelles à condition qu’ils acceptent de rester pacifiques.

 

Afin d’éviter aux indiens la tentation de quitter les réserves fédérales pour chasser, 10 millions de bisons ont été massacrés entre 1872 et 1874.

 

 

 LE HOGA N

 

HoganLe hogan est l’habitat traditionnel navajo. Il mesure environ 8 m de diamètre. Le choix des matériaux n’a pas une réelle importance, mais la forme doit obligatoirement être ronde. Il est généralement faits de rondins de bois scellés avec de l’essence de cyprès, puis recouvert de 30 cm de terre. Une ouverture est pratiquée au sommet, pour laisser s’échapper la fumée du feu ou du poêle placé au centre.

La forme ronde reflète leur vision du monde, un monde circulaire comme le soleil et la lune, et cyclique comme le mouvement des saisons. La porte du hogan fait toujours face à l’Est, là où le soleil se lève. A l’intérieur, par superstition, on se déplace dans le sens des aiguilles d’une montre.

 

 

 ECONOMIE

 

MoutonsLes Navajos sont des nomades, ils vivent essentiellement de la terre, et de l’élevage des moutons pour la laine. Les moutons font la transhumance car l’herbe est rare, mais peu importe car les Navajos sont nomades et ils vivent là où les conditions sont les plus favorables.

Ils vivent à leur propre rythme, selon leurs propres lois, lesquelles diffèrent de ceux des blancs.

 

En 1880 le chemin de fer est arrivé jusque dans cette région, ce fut le commencement d’un essor commercial et industriel. Des exploitations forestières, des scieries, de l’artisanat d’art, des industries, et des entreprises de transport ont vu le jour. Pourtant la majeure partie des Navajos fidèles à leur passé et à leur culture restent des bergers.

 

La végétation est trop maigre pour pratiquer un élevage intensif et commercialiser la viande, alors les deux principales sources de revenus sont la laine et les tapis qu’on tisse avec cette laine pendant les longs mois d’hiver.

De plus, par leur seule présence, les moutons constituent déjà deux sources de revenus: l’été, chaque jour on les conduit dans les endroits fréquentés par les touristes où ils sont photographiés à longueur de journée en échange de quelques dollars, et l’hiver ils constituent une source de chaleur.

 

Les tapis Navajos sont appréciés pour leur qualité et leur beauté. Avec l’argent qu’ils rapportent, les indiens achèteront des couvertures de Pendleton très chaudes.

 

 

 Harry et Mike GOULDING (1923)

 

Mike & Harry GouldingLes Navajos doivent une grande partie de leurs talents dans l’art de confectionner des tapis, des bijoux en argent et en turquoise, des poteries, des paniers décorés, à des marchands comme Harry Goulding et Mike, son épouse, qui avaient pressenti pouvoir faire de l’argent avec des articles de bonne qualité. Ces anciens éleveurs de moutons (point commun avec les Navajos) sont venus s’installer à Monument Valley en 1923 parce qu’on y parlait une langue que personne ne connaissait d’une part, et d’autre part pour démarrer quelque chose de nouveau. Ils ont appris à parler et vivre « navajo » et ont été rapidement intégrés et estimés.

 

Ils mirent en place un relais de commerce, Trading Post, mais le crash boursier de 1929 réduisit à néant tous leurs espoirs de commerce. Cependant, à la fin des années 30, alors que le cinéma est en plein essor, ils apprennent qu’Hollywood à l’intention de tourner un Western, Stagecoach , la diligence, alors Harry Goulding décide de se faire l’ambassadeur de la vallée et des Navajos auprès des producteurs d’Hollywood, et c’est un triomphe. Après Stagecoach, on enchaînera les tournages avec Darling Clémentine, Fort Apache, La chevauchée fantastique, Billy le Kid, Rio Grande, etc…

Josef MuenchLes compagnies de cinéma emploient les Navajos comme figurants, mais aussi pour confectionner les décors, elles dépensent énormément d’argent.

Harry s’est associé au photographe Josef Muench pour faire la publicité de Monument Valley et attirer le monde entier dans cet endroit extraordinaire. 

 

Harry et Mike se soucient également de la santé des indiens. Bien que les Navajos soient très attachés à leurs sorciers, medecin men, qui pratiquent des cérémonies rituelles avec des peintures de sable, ils préférent doubler leurs chances de guérison en acceptant la médecine moderne. Dans les années 60 les Goulding concluent un arrangement avec un groupement protestant, les 7th day Adventists, afin de bâtir un hôpital à coté de leur relais de commerce. Il leur loue le terrain 1 $ / an pour 99 ans et parallèlement les aide financièrement. Pour les Navajos, soins et hospitalisation sont gratuits.

 

 

 BILAN

 

Le système de réserves fédérales a eu pour conséquence de déresponsabiliser l’individu qui est totalement  pris en charge, de sa naissance à sa mort, par le Bureau des Affaires Indiennes à Tuba City, sous forme d’allocations d’argent, de soins médicaux gratuits, de nourriture et vêtements gratuits, d’assistance judiciaire gratuite, etc...

Le taux de chômage est de l’ordre de 50%, l’espérance de vie est courte, la mortalité infantile et le nombre de suicides sont élevés, de même que le nombre d’indiens qui sombrent dans l’alcoolisme...

 

Peterson Zah, président de la Nation Navajo, estime que 56% des Navajos vivent en dessous du seuil de pauvreté ( la moyenne US est de 15%), le taux de chômage dans les réserves dépasse 50% (USA 5%) , le revenu annuel moyen est de 10.400 $ (USA 30.000 $).

 

Tuba City, seule ville indienne qui ressemble presque à une ville US, abrite en dehors du Bureau des Affaires Indiennes, l’Hôpital Navajo.

Kayenta, plus connue des visiteurs, n’est qu’une façade touristique de 500 habitants dont 50% vivent de l’exploitation du charbon et 50% de l’enseignement, du tourisme, de l’hôtellerie, du commerce... Ce sont les chiffres officiels, il serait probablement plus réaliste de remplacer les « 50 » des pourcentages annoncés par des « 33 » et d’ajouter un autre « 33% » correspondant aux sans emplois, nous serions alors bien plus proches des faits.

 Kayenta se résume à un carrefour, avec une station serrvice à chaque angle, un hôtel holliday Inn, un supermarché, une école, quelques lieus de culte, quelques habitations de tôles et de bois, quelques caravanes… et c’est tout, la population est disséminée dans la vallée et n’habite pas le « centre ville».

 

 

 HOPIS

 

·       Kachina10.000 indiens Hopis vivent dans une réserve en plein cœur de la réserve Navajo.

·       Les Hopis descendent du groupe des Pueblos sédentaires, les Shoshones.

·       Depuis 1.000 ans, ils vivent isolés sur 3 grandes Mesas, chacune parlant son propre dialecte.

·       Ils doivent constamment se défendre des Navajos qui empiètent sur leur réserve, à la recherche de nouveaux pâturages pour faire paître leurs moutons.

 

En dehors de leur activité agricole, les Hopis confectionnent de l’artisanat, tressent des corbeilles, fabriquent à la main des bijoux en argent, des poteries ainsi que des poupées en bois sculptées et peintes à la main, appelées Kachinas.

Ces Kachinas, sont à l’origine d’un sérieux différent avec les Navajos. La loi prévoit que les articles vendus sous le label « artisanat indien » doivent être effectivement fabriqués par des indiens, mais sans plus de précisions! Hors, il se trouve qu’au Nouveau Mexique, ces Kachinas sont fabriquées industriellement, par des indiens, certes, mais des indiens Navajos...

 

 

 



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